
La dernière rencontre entre Dianne et Terri sur la scène de Vienne remonte à 2000. Leur collaboration n’a cependant jamais cessé, cette dernière s’est en effet consacré à l’écriture et à la production d’autres artistes depuis une dizaine d’années. Nous avons d’abord droit à une mise en jambe du sextet à dominante féminine, Tineke Postma et Tia Fuller au saxophone, Nir Felder à la guitare, Helen Sung au piano, Joshua Hari Brozoski à la basse et bien sûr Terri Lyne Carrington à la batterie et à la direction.
C’est néanmoins l’arrivée sous
les projecteurs de la belle Dianne qui va sonner le vrai début du concert.
Comme en apesanteur elle avance sur le front de scène, majestueuse et souple.
Elle nous indique que Vienne est « my favourite place to be ». Cela
tombe bien nous aussi. Surtout quand elle y chante. Cette grande dame du jazz,
héritière légitime d’Ella Fitzgerald ou Sarah Vaughan, possède une voix large
et précise, chaleureuse et émouvante. Son sens de la scène et son charisme de
féline capte notre âme instantanément.
Durant tout le set, elle va nous
offrir des interprétations où elle
laisse libre cours à sa large étendue vocale, son sens du placement et des nuances.
Nous régale de scats aérés, avec un sens du swing instinctif. A preuve sa
présentation de chacun des musiciens en impro chantée. Une pure merveille.
Cette femme qui incarne ses chansons a donc su hier
soir nous transmettre sa grâce, faire rayonner son talent, éclipsant de fait
ses acolytes musiciennes. En signe de rappel, le public entonne une note unique
qu’il avait déjà été invité à chanter sur un morceau précédent. C’est alors
qu’une clameur envoutante s’élève dans le théâtre antique. La magie du lieu et
de l’instant se focalise en ce point précis, dans un moment simple et profond.
L’essentiel était bien là : ce cadeau de la Vie qui nous a été offert de
pouvoir vibrer à la source première du chant. Merci Madame.
Willy J
Théâtre Antique – Mardi 10 Juillet 2012

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