Çà bœuf dur à
Matour !
Du bourguignon bien sûr, du Charollais bien saignant. Après
les concerts, les Jam Sessions à la
Maison du Patrimoine étaient « the place to be ». Dans la petite
salle du Pavillon du Manoir, sous un plafond charpenté bois traditionnel
magnifique, un boeuf non moins musclé mais plus innovant à pris place jusqu’au
bout de la nuit. Plus de vingt musiciens se sont relayés et parfois jusqu’à dix
ensembles sur scène. Quatre trombones, une clarinette, des saxes dans tout les sens,
un piano, deux djembés, ...Sans compter le talent de quelques multi-instrumentistes.
Tantôt portés par des standards qu’ils développent longuement, tantôt par la simple
ligne de basse et la batterie, ils ont brodé toute la soirée dans des tonalités
jazz, blues ou funk avec un résultat absolument convaincant. Chaque groupe constitué
se cale très rapidement et atteint une résonnance de phase explosive et
rythmique. Les chorus se prennent naturellement et sont prétextes à rebondissement ou à évolution du thème. Jusqu’à
une heure indue, les hanches bougeaient seules et les doigts claquaient
spontanément. C’est une vraie bouffée d’oxygène de voir le jazz ainsi vivant, de
voir cette jeune génération prendre un plaisir jouissif à improviser ensemble. C’est
là que se préparent les envies de demain, les projets futurs. La joie de jouer
donne une projection dans l’avenir. A quand une vraie jam session dans chaque
festival de France et de Navarre ?
Les stages
Jazzcampus c’est aussi une série de stages à la réputation
éprouvée. Petit tour d’horizon. Avec les enfants d’abord pour un atelier de
soundpainting où ils vont développer leur spontanéité et leur sens de
l’improvisation sonore avec Laurent Vanhoenackere. La présentation des travaux
des élèves de François Raulin nous montrera une orchestration impressionnante
pour une durée d’étude aussi courte. Au contraire Jean-Luc Cappozzo amènera ses
musiciens sur des territoires mouvants : le regard des autres sur son jeu,
son propre regard pour grandir musicalement. Claudia Solal quant à elle n’aura
aucune peine à faire s’exprimer l’oiseau qui sommeil au fond de chacun. Pascal
Contet guidera son groupe dans l’exercice délicat de l’accompagnement de film
muet, à mi chemin entre sous-titrage et improvisation, toujours dans la poésie,
suggérée par « Le Voyage dans la lune » de Méliès et « Les
gosses de Tokyo » de Yasujiro Ozu. Pascal Brousseau, Yves Rousseau et
enfin Jean-Paul Lautin et Denis Desbrières pour la fanfare assureront tous un
atelier de haute tenue dans une ambiance ludique comme en témoigne les mines
réjouies de leurs élèves. Au même titre que les jam sessions – où l’on retrouve
d’ailleurs beaucoup de stagiaires - les ateliers sont une composante
essentielle d’un festival de jazz. Vivier de nos futurs talents, espace de
rencontre et de confrontation musicale, c’est ici que se joue le jazz de
demain ! A Cluny c’est sûr, il a un avenir.
Willy J


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